Organiser un évènement : 101 manières de vous vautrer pitoyablement

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Maintenant que j’ai enfin géré les soucis techniques avec ce blog suite à la migration de 1&1 à OVH, voilà que je me prends à faire un billet de (mauvaise) humeur : les invitations à des évènements.

Je parle souvent en public, j’interviens également à des évènements privés (séminaires d’entreprise, etc.). Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire ailleurs, mon engagement suite à la publication de « La face cachée d’Internet » a été d’accompagner la lecture, de ne pas laisser seule face au livre la personne qui découvre le sujet complexe de la confiance au numérique. Cet engagement m’a amenée à parcourir les terres européennes en long et en large, parfois jusqu’à 3 fois par semaine et ce, en plus de mon travail. Fatiguant, épuisant même, mais la plupart du temps, terriblement satisfaisant sur le plan humain.

The elephant in the room, comme disent les anglo-saxons, est l’organisateur. En réalité, c’est cette fonction qui garantit la réussite d’un évènement. Et autant quand je faisais beaucoup d’associatif et quand je commençais mon activité d’indépendante (il y a plusieurs années, quoi), j’en organisais, autant depuis 3-4 ans, je ne fais pratiquement qu’à assister à des évènements. Et à force d’y assister, j’en ai vu plein, des organisateurs. Si j’ai décidé de sévèrement réduire ma participation à des évènements, c’est en grande partie à cause de la manière hallucinante (pour ne pas dire insultante) qu’ont beaucoup à aborder leurs potentiels intervenants. Florilège issu de mon expérience.

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Nous qui désirons sans fin

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Il y a un an, je suis allée chercher des fleurs. Les mottes en ont toujours un chiffre impair. J’ai pris des renoncules blancs en demandant à la fleuriste d’en retirer un pour que je n’en garde que 4. « Je mets votre nom à côté du 5e, revenez le chercher cet après-midi », m’a-t-elle dit doucement alors que je m’en allais.

J’étais là, dans le métro, plantée au beau milieu de la puanteur des canalisations et de la bousculade parisienne, déphasée plus que de raison, avec mes quatre renoncules blancs en cette grise matinée d’un jour ouvré. Le jour où j’ai assisté à la crémation de ma plus proche amie.

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On s’ennuie dans les transports ? Une solution : les podcasts

Here is the ultimate podcast list for infosec and data protection. Enjoy!
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L’autre jour, je participais à une table ronde autour des opportunités professionnelles de la cybersécurité. L’évènement visait principalement à attirer davantage de femmes afin de diversifier et d’enrichir les talents que nous attirons dans le domaine, même si certain-es parmi nous aient insisté sur la diversité, qu’il s’agisse du genre, de l’origine sociale, etc.

L’une des questions principales était : comment puis-je entrer dans l’infosec ? Essayer de donner des conseils judicieux à ce sujet m’a fait réaliser que nous avons de nombreuses ressources pour acquérir des compétences nouvelles et/ou supplémentaires une fois qu’on travaille dans le domaine. Cependant, si vous êtes, disons, développeur-euse ou juriste, les choses sont plutôt cahoteuses et difficiles.

Souvent, on entend dire que les connaissances techniques ne sont pas requises pour une carrière dans l’infosec quand on a d’autres compétences. À mon humble avis, un tel point de vue est discutable. En effet, on ne peut raisonnablement pas apprendre, connaître et mobiliser de manière significative tous les éléments techniques de l’univers du monde. Et personne ne vous demandera jamais d’être l’encyclopédie technique absolue. Cependant, mon propos est que si vous ignorez les fondamentaux du sujet, vous serez imprécis au mieux dans votre travail, aussi grandes soient vos compétences non techniques.

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Comment ne pas écrire un guide de cybersécurité pour les dirigeants

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J’ai lu le Guide de cybersécurité pour les dirigeants pour pas que vous ayez à le faire. Ou comment perdre une bonne occasion de sensibiliser…

Challenges et Eyrolles publient, le 23 février, un guide intitulé “L’essentiel de la sécurité numérique pour les dirigeants”. L’ouvrage est présenté comme “[l]e mode d’emploi facile d’accès pour être à jour et mieux éclairé face au nouveau risque numérique”. L’idée est excellente : il faut sensibiliser toujours davantage aux risques numériques, les personnes qui ont en charge la prise de décision. Ces derniers sont nombreux et de nature très variable. C’est encourageant de voir qu’enfin la gestion des risques rencontre le volet numérique.

Enfin, c’est ce que j’ai pensé… jusqu’au moment où j’ai commencé à lire. Déjà, pour l’obtenir, c’était un peu délicat : la personne qui me l’a envoyé en première disait que ça m’épargne la création d’un compte pour le télécharger chez Eyrolles où la navigation n’est pas en HTTPS, où il n’y a pas de TLS pour SMTP et où les machines ne sont pas à l’heure. Que doit-on conclure quant à l’importance de la sécurité de ses visiteurs dans ces conditions ? (C’est une question rhétorique.)

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La liste ultime de bouquins de SF à lire

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Grande lectrice de science-fiction, j’étais bien en manque de nouveaux ouvrages. J’ai lu tout plein d’auteurs classiques, à commencer par mon idole Asimov. Même si ce sont les seuls livres que je relis, j’ai envie (et besoin) d’un truc frais, rafraichissant du neurone et nouveau. Et… au risque de faire une sortie type « gros c*n » avec le sempiternel « c’était mieux avant », j’avais eu la claire impression que l’écriture contemporaine en SF se dégradait sévèrement. Et ce, sans parler de l’affluence abominable d’un tas de miévreries (je fais référence à la fantasy). En effet, mon appétence pour la SF a sérieusement décliné ces dernières années après quelques lectures toutes plus fades les unes que les autres.

Mais il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis. Et, sans fausse modestie, je ne suis pas une idiote. Alors, j’ai fait appel à l’oiseau bleu (Touitteur)…

 

… et maintenant j’ai besoin d’un camion pour aller voir ma libraire.

Comme il y a eu une palanquée de recommandations, j’ai décidé de les lister ici et, par la même occasion, de partager quelques-uns des bouquins que j’adore le plus.

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La bulle algorithmique cache la forêt des intérêts financiers

Le trouble jeu de Peter Thiel dans les élections américaines de 2016
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(D’abord publié sur Medium France.)

Dans toute la discussion sur le rôle de Facebook en tant que modulateur d’élections et que sais-je,on a quand même raté quelques détails. Petite mise au point sur les intérêts business en jeu.

Je ne veux pas répéter à l’envi ce qui est déjà amplement développé ailleurs. C’est clair que le rôle des boîtes noires appelés algos, déployées par Failbook et co., n’est pas clair, ce qui est grave. Mais ce n’est pas tout.

On a très peu (pas du tout ?) parlé de la chaîne de décision et de ses intérêts à elle. Business as usual est cependant ce qui ressort comme élément prépondérant dans la folle histoire pré-électorale de Trump. J’avais fait un exposé en 35 tweets, mais différents détails sont venus s’ajouter à cette histoire et nécessitent davantage de mots et un support différent. Je reprends ce qu’a très justement écrit affordanceinfo :

Pour bien saisir la complexité de ces régimes de vérité, y compris à l’échelle d’une plateforme unique, il faut prendre en considération le fait que co-existent plusieurs cercles décisionnels, tous en charge de définir, à différents niveaux, quel sera le régime de vérité de la plateforme et comment il s’appliquera.

Ainsi, le cercle de la “décision algorithmique” est l’un de ceux-là, abordé avec une approche assez mécanique, comme s’il s’agissait d’appuyer sur un simple, gros bouton rouge “Make America Great Again” et paf, Trump l’emportait. Cette vision réductionniste ignore cependant les structures de pouvoir et de décision : le Conseil d’administration de la plate-forme Facebook, les choix stratégiques en matière de développement business, etc. sont autant de leviers déterminants sinon davantage, que le fonctionnement de la boîte noire que sont les algos privateurs de FB.

Je vous raconte donc l’histoire de Peter Thiel, dont on s’est beaucoup gargarisé à parler : c’est le seul gros ponte de la Silicon Valley à soutenir Trump, il est gay, etc. Ces faits divers divertissent et nous font oublier le rapport “aux médias” et à la presse “d’opinion” qu’entretient M Thiel ainsi que ses intérêts financiers intimement liés aux diverses agences de renseignements américaines et française.

Bonne lecture !

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#OrangeIsTheNewBlacklist: In France, Google and Wikipedia briefly censored for “apologia of terrorism”

Oops, something didn't go as planned.
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You dislike Mondays? You’d have loved this one: Google and Wikipedia were censored for an hour in France, for “apologia of terrorism”.

Yesterday 17 October 2016, an ordinary Monday morning, I was searching for a document online. Using different search engines — DuckDuckGo, Qwant, Google — helps me find out more details; incidentally and in contrast with Google, alternative engines also respect my privacy since they neither log nor keep track of my search requests.

Weirdly enough, Google was timing out. I tried out a few more times, to no success. My Internet connection was fine, though, and Qwant was also responding. Even more bizarre, my Gmail account was functional. On Twitter, some people were also flagging a “Google down” situation and started asking me which my ISP is. My Internet service provider (ISP) is Orange. It turned out that the issue seemed to affect only subscribers at Orange and its low-cost subsidiary, Sosh.

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Le créateur du bitcoin est inconnu. Mais pourquoi tant de gens prétendent l’être ?

Qui est Satoshi Nakamoto ? Pourquoi d'autres veulent tant convaincre le monde d'être le créateur du bitcoin ? Des rebondissement dignes d'un thriller.
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Qui est Satoshi Nakamoto ? Pourquoi Craig Wright a-t-il tant voulu convaincre le monde d’être le créateur du bitcoin ? Audrey et Rayna vous relatent les rebondissements d’une histoire, dignes d’un thriller.

Si les mystères du bitcoin peuvent être élucidés rapidement à l’aide de quelques articles de vulgarisation, le secret autour de son créateur reste entier. Journalistes du monde entier comme enquêteurs amateurs, depuis la création du bitcoin en 2009, chacun joue les Sherlock Holmes pour tenter de le démasquer. Ce n’est pas une histoire de passe-temps favori : comme on le verra plus bas, savoir qui a la paternité du bitcoin peut être d’une importance capitale.

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Lisons ensemble : une analyse de l’inégalité à l’école

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Un ami a partagé cet article en demandant des avis. Je n’ai pas pu me retenir : c’est une question importante et la voir traitée avec aussi peu de discernement et de rigueur me choque.

Si je puis me permettre… Je ne sais pas trop comment dire ça gentiment, mais c’est un monceau de factoïdes tournant autour d’un mot qui ne fait pas sens, le tout présenté par un ponte (donc, argument d’autorité oblige, on est d’accord). Le tout premier paragraphe est une combinaison assez hallucinante de confusion sur fond de mauvaise écriture et de logical fallacies (désolée, toujours pas trouvé d’expression en français pour ça). Pour un chercheur, ça se pose.

Voilà donc quelques pitites choses qui me chagrinent là. Après l’entrée en matière en dessous de 0 : c’est quoi « la démocratisation de l’école » ? Parce que, à ce que je sache, en France le niveau de scolarisation est « un peu » au dessus de 10%… Du coup, je n’ai pas compris de quoi il parle : est-ce de l’accès à l’enseignement supérieur ? Ou plutôt de la qualité de l’apprentissage et des méthodes pédagogiques mises en oeuvre ? Je veux dire, il nous bassine avec des graphes de merdre (j’y reviendrai plus tard), mais comme d’hab’, les stats ne sont pas mises en contexte et on n’en tire rien. Je veux bien lire que les 10% des élèves les plus défavorisés ont un score PISA en maths super bas… et alors ? Qu’est-ce que ça veut dire par rapport à ce qu’ils ont appris ?
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Le premier média indépendant et entièrement financé par le crowdfunding en Bulgarie

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La Bulgarie au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 par RSF. Capture d'écran

La Bulgarie au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 par RSF. Capture d’écran

Selon Reporters Sans Frontières (RSF), la Bulgarie est classée 106e sur 180 pays (cf. image supra). Le classement « Freedom of the Press 2015 » par Freedom House la donne première parmi les pays des Balkans. Ce qui, connaissant la situation des médias et l’auto-censure galopante dans la région, n’est pas exactement un exploit. Pas étonnant alors qu’en Bulgarie, plus de 80% des gens ne font pas confiance aux médias.

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Contes et légendes du RuNet

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Pour la cinquième séance du séminaire EHESS « Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques », Antonio Casilli m’a invitée à parler des usages militants (et militaires) des technologies internet et mobiles dans le RuNet, la Toile russophone. J’ai eu le plaisir de partager ces 3 heures (qui se sont transformées en 4 !) avec Ksenia Ermoshina (Centre de Sociologie de l’Innovation, Mines ParisTech). Les slides ci-dessus sont celles de ma présentation :

La législation sur les drones : petit précis pour décideur pressé

Air Force officials are seeking volunteers for future training classes to produce operators of the MQ-1 Predator unmanned aircraft. (U.S. Air Force photo/Lt Col Leslie Pratt)
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« En 2022, selon une étude du cabinet spécialisé en aéronautique Teal Group, le budget mondial de dépenses liées aux drones civils et militaires devrait doubler, atteignant près de 12 milliards d’euros ».

Ce chiffre, souligné par Paul Hessenbruch (« Armées d’aujourd’hui » n°393), reflète l’essor de l’industrie de drones dans le monde. La France n’en fait pas exception. Malgré ces développements industriels, le débat autour de l’utilisation des drones militaires continue.

La présente note introduit les différentes catégories de drones existant aujourd’hui et les législations en vigueur respectives. Elle s’attarde par la suite aux problématiques posées par les drones en lien avec les industries de souveraineté et fait ressortir les arguments principaux du débat autour de l’utilisation des drones.

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La question de mémoire collective post-conflictuelle : une comparaison des discours politiques contemporains dans la région des Balkans

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Lors de mes études en Master 2 Défense, sécurité et gestion de crise à l’IRIS, j’ai choisi de me pencher sur cette question que j’avais déjà commencée à explorer ailleurs. Le sujet est compliqué et complexe, voire pénible, mais l’incompréhension des Occidentaux face à ces processus profonds et extrêmement significatifs en matière de structuration m’inquiète. La montée des extrêmes droites en Europe de l’Ouest me paraît gérable si les gens comprenaient comment la propagande à travers la mémoire collective (« l’histoire nationale ») fonctionne.

Bonne lecture !

Le document est également disponible sur Scribd.

« Le piège du Kosovo »

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« Le piège du Kosovo » : nouvelle édition de « Kosovo, année zéro », Jean-Arnault Dérens ; Éditions Non Lieu, 2008

Présentation générale

Le livre « Le piège du Kosovo » est la nouvelle édition de « Kosovo, année zéro » (initialement paru en 2006). Outre une présentation complète de l’histoire complexe de la région, l’ouvrage dresse également un bilan de la guerre du Kosovo (1998-1999), du protectorat international instauré par les Nations unies et aborde les perspectives pour l’avenir du Kosovo. L’auteur Jean-Arnault Dérens, historien, journaliste et rédacteur en chef du site web d’informations « Courrier des Balkans ».

L’ouvrage est composé de plusieurs parties de natures diverses. Il est préfacé par Marek Antoni Nowicki, ancien médiateur du Kosovo (200-2005). Suit la justement intitulée « Introduction : Les paradoxes du Kosovo » (pp. 13-22) exposant des questions abordées dans le livre et contenant des notes sur les noms propres en serbe et en albanais ainsi que des indications sur la prononciation de ces deux langues.

Le corps de l’ouvrage est constitué de six chapitres abordant le sujet en de très amples détails. Le premier chapitre (« Le Kosovo dans l’histoire et les imaginaires serbe et albanais », pp. 23-84) retrace les histoires complexes et entremêlées des Balkans du XIV s. jusqu’à aujourd’hui. Le 2ème chapitre (« Le Kosovo entre Milošević et l’OTAN », pp. 85-148) traite des développements qui mènent Slobodan Milošević au pouvoir jusqu’à l’intervention de l’OTAN marquant la fin du conflit au Kosovo. Le chapitre « Vous avez dit « Grande Albanie » ? » (pp. 149-202) présente l’évolution historique et politique de l’idée d’une « Grande Albanie » dont l’existence est évoquée et matérialisée d’une certaine façon dans l’opposition ethnique albanaise à une « Grande Serbie ». Le 4ème chapitre (« Comment peut-on être Serbe au Kosovo ? », pp. 203-246) traite des questions identitaires et de la minorité des Serbes Kosovars, approche complémentaire à la question ethnique des Albanais Kosovars. Le 5ème chapitre examine sous toutes les coutures « La faillite du protectorat international » (pp. 247-304). Le dernier chapitre (« La mosaïque détruite », pp. 305-332) constitue enfin une discussion et analyse de faits historiques et géopolitiques présentés dans les chapitres précédents. Chaque chapitre a sa bibliographie propre (des sources et des notices explicatives supplémentaires).

La conclusion (« Le Kosovo : l’avenir des Balkans et l’avenir de l’Europe », pp. 333-342) explicite les perspectives de la question du Kosovo, de ses interactions avec les pays voisins et de l’importance de celles-ci pour la stabilité, l’agrandissement et la cohésion de l’Union Européenne (UE). Figurent en annexes une chronologie, une liste des sigles, des notices bibliographiques des personnalités mentionnées dans l’ouvrage, une bibliographie générale et un index.

L’approche historiographique est l’outil principal de cet ouvrage. Aborder la construction historique des imaginaires et représentations permet de rendre intelligible l’évolution des Balkans et des raisons à l’origine du conflit du Kosovo. Le livre souhaite dresser le portrait le plus complet possible des évènements ayant mené au conflit et aux développements après sa fin. La majeure partie de l’ouvrage est ainsi consacrée à l’examen minutieux des évènements, développements sociaux, politiques et militaires s’étant déroulés entre 1990 et 2001. La question « le Kosovo est-il serbe ou albanais ? » est posée très tôt dans l’ouvrage (p. 16) suggérant que le livre souhaite relever le défi d’y répondre. Le questionnement identitaire est très fortement présent tout au long de l’ouvrage ne serait-ce qu’à travers du constant rappel de la dualité des noms propres (toujours orthographiés « nom serbe/nom albanais »). Des éléments d’une réponse fort malaisée figurent en filigrane.

Le contexte d’écriture est marqué par l’évolution de la définition étatique du Kosovo dans les cinq années suivant l’instauration du protectorat international. Le statut du Kosovo est indéterminé à partir de 1999 lorsque le conflit est terminé suite à l’intervention de l’OTAN et la mise sous tutelle de la région en vertu de la Résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU (10 juin 1999). La Résolution 1244 pose de sérieux problèmes car elle affirme le caractère temporaire de ce statut tout en soutenant l’attachement des Nations unies à l’intégrité territoriale de la République fédérale de Yougoslavie (devenue la Serbie-et-Monténégro en février 2003 et dont la Serbie est l’héritière politique). L’année 2005 voit deux évènements importants se produire : les Nations unies donnent mandat à Martti Ahtisaari (novembre) pour superviser les négociations entre les gouvernements serbe et kosovar sur le statut final du Kosovo ; le médiateur du Kosovo Marek Antoni Nowicki, figure importante de la réconciliation, termine son mandat (décembre). Le début de l’année 2006 n’est pas moins mouvementé, avec le décès du président Ibrahim Rugova, figure emblématique du mouvement indépendantiste albanais (janvier) et les pourparlers entre le gouvernement du Kosovo, la diplomatie européenne et le gouvernement serbe prenant place à partir du mois de mars 20061.

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« Terrorismes : histoire et droit »

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http://lettre-cdf.revues.org/1126?file=1

« Terrorismes : histoire et droit », sous la direction de Henry Laurens et Mireille Delmas-Marty ; CNRS Éditions, 2010

Présentation

Le livre « Terrorismes : histoire et droit » reprend les communications du colloque « Typologie historique du terrorisme et communauté(s) de valeurs »1 tenu le 4 juin 2008 au Collège de France. Les échanges ont débouché sur une réflexion collective que les auteurs ont souhaité porter à la connaissance d’un plus large public, entreprise couronnée de succès par l’intermédiaire de ce livre (coordination par Hana Jaber).

L’ouvrage est réalisé sous la direction de Henry Laurens, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d’Histoire contemporaine du monde arabe, et Mireille Delmas-Marty, professeure au Collège de France, spécialiste du droit pénal international et titulaire de la chaire d’études juridiques comparatives et internationalisation du droit. Bouquet de contributions d’historiens, juristes et politologues, le livre compte également les auteurs : Hamit Bozarslan (directeur d’études à l’EHESS, spécialiste de la Turquie et de l’espace kurde), Barbara Lambauer (historienne de la seconde guerre mondiale en Europe, chercheuse associée à l’IRICE), Stefano Manacorda (professeur associé à temps partiel à l’Université Sorbonne-Paris 1, professeur de droit pénal à l’Université de Naples et spécialiste de droit pénal européen), Michel Rosenfeld (professeur à Benjamin N. Cardozo School of Law de NewYork,spécialiste de droit constitutionnel comparé) et Emmanuel Decaux (professeur à Paris II Panthéon-Assas, spécialiste du droit humanitaire).

L’ouvrage est composé de deux parties, l’une historique (« Pour une typologie historique du terrorisme », pp. 8-163), l’autre juridique (« Le terrorisme entre droit national, régional et international », pp. 164-322). Henry Laurens ouvre la discussion historique avec une analyse du terrorisme comme « personnage historique ». Ce dernier est la métaphore qu’use Laurens pour expliciter une entité qui traverse les âges ; ainsi sont abordés les divers avatars du terrorisme, de l’Antiquité à nos jours (pp. 9-66). Hamit Bozarslan prend la suite en examinant le « comitadjilik »2, qui est « tout à la fois mode d’action violent, syntaxe politique et union mystique » marquant l’espace ottoman au tournant du XXe siècle (p. 67). Barbara Lambauer ferme la marche de l’histoire en décrivant en moult détails la manière dont le IIIe Reich lutta contre ce qu’il qualifia de terrorisme, c’est-à-dire les mouvements de résistance au régime nazi qui se développèrent dans les pays envahis par les armées allemandes.

La seconde partie, plaidoirie pour une universalité des droits de l’homme face aux prérogatives toujours croissantes du droit pénal international, débute par Mireille Delmas-Marty et sa typologie juridique du terrorisme. Cette dernière, « évolutive et contradictoire », est élaborée par Delmas-Marty à travers l’examen de dispositions légales internes, internationales et, enfin, globales. Cette typologie a pour but de décrire la contradiction inhérente aux réactions des États, démontrant le « durcissement des particularismes nationaux » (p. 180) et la « recherche d’une communauté mondiale de valeurs » (p. 184). Au-delà de la simple description des typologies du terrorisme, la suite de la discussion juridique aborde leur signification. Cette dernière se constitue entre le droit européen (thématique discutée par Stefano Manacorda), le droit constitutionnel comparé et la notion de « pondération/proportion judiciaire » (abordé par Michel Rosenfeld) et, enfin, le droit international des droits de l’homme (par E. Decaux).

Le retour historique permet de faire sens de l’évolution du système légal visant à encadrer l’exercice de la violence, cadre que l’évènement terroriste3 vient remettre en cause. En filigrane dans la partie historique, abordées frontalement dans la partie juridique, les mesures dérogatoires menaçant le régime du droit commun sont explicitées et la difficulté d’établir un système de valeurs universel – élaborée. « Terrorismes » relève ainsi le défi de faire sens de la réalité mouvante d’un « concept de transition ».

Le contexte du colloque dont est issu l’ouvrage n’est pas marqué par des évènements terroristes immédiatement proches. Il survient néanmoins peu après l’adoption, par l’Union Européenne et le Conseil de Sécurité des Nations Unies, de cadres légaux tentant de définir, prévenir et punir les actes terroristes. Ils sont abordés, à travers des regards partagés et critiques, dans la partie juridique de l’ouvrage. Il s’agit plus précisément de la Décision-cadre du Conseil de l’Europe du 13 juin 2002 relative à la lutte contre le terrorisme, du Protocole portant amendement à la Convention européenne pour la répression du terrorisme (15 mai 2003), de la Convention du Conseil de l’Europe pour la prévention du terrorisme (16 mai 2005), de la Convention du Conseil de l’Europe relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la confiscation des produits du crime et au financement du terrorisme (16 mai 2005), elle-même fondée sur la Résolution 1373 du Conseil de Sécurité de l’ONU sur la menace à la paix et à la sécurité internationales résultant d’actes terroristes du 28 septembre 2001.

Les menaces que ces dispositions légales représentent quant aux droits fondamentaux (disséqués dans la partie juridique du livre) démontrent l’attention tout particulière qui leur est donnée ainsi qu’aux diverses réponses, tant politiques que juridiques. Les cadres légaux dont relève le terrorisme cristallisent l’hétérogénéité des actes et la difficulté de mettre en œuvre un droit international unifié. Les stratégies de rapprochement pénal opérées par les diverses entités nationales et supra-nationales, visant à transformer en garde-fou absolu un cadre légal toujours plus répressif et moins respectueux des libertés individuelles, semblent partiellement contenues par la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Ainsi, les décisions de cette dernière remettent le droit humanitaire international, en première ligne exacerbant le dilemme entre libertés fondamentales, sécurité et leur équilibre.

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Non à l’austérité budgétaire dans la recherche

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[Read in English]

Depuis hier (22 novembre), l’Union Européenne tient une réunion très importante : les chefs d’États de l’UE se prononcent sur les budgets des États membres. Naturellement, le budget de l’UE pour la recherche est discuté lors de cette réunion et son montant pour les sept prochaines années est déterminé (le programme porte le nom de HORIZON 2020, c’est la suite du FP7). Des chercheurs se sont mobilisés pour faire entendre leurs voix au moment où la Commission Européenne propose le montant minimal de 80 milliards d’euros pour le budget de HORIZON 2020, ainsi abaissant les 100 milliards d’euros initialement proposés par le Parlement Européen. Comme l’initiative No Cuts to Research (« Non aux restrictions budgétaires dans la recherche ») souligne : « pour l’European Research Council (ERC), cela signifie une augmentation annuelle d’environ 6%, ce qui est juste suffisant pour permettre à l’ERC de consolider ses activités de financement et sa mission se soutien du leadership européen en recherche. Ce montant ne sera cependant pas suffisant pour lancer de nouvelles activités. ». Les craintes persistent toutefois que mêmes ces 80 milliards d’euros seront réduits en beaucoup moins.

Le Monde avait publié la lettre des lauréats du Prix Nobel et médaille Fields sous le titre « Ne sacrifiez pas une génération entière de scientifiques de haut niveau ». Vous pouvez signer la pétition ici.

La lettre des lauréats du Prix Nobel et médaille Fields a été aussi traduites en 22 autres langues. Pour des mises à jour régulières, vous pouvez lire les nouvelles de No Cuts on Research.

La vidéo d’un chien de militaire attaquant des manifestants provoque un tollé en Égypte

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[Article initialement publié sur France24.]

Un militaire n’a pas hésité à charger des manifestants avec son chien sans muselière, faisant au moins un blessé, dans une ville portuaire du nord de l’Égypte. Filmée par un amateur, la vidéo de l’attaque a fait le tour de la Toile, soulevant une vague d’indignation dans le pays.

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Droits civiques, écoutes,… Une journée normale en Absurdistan

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L'Assemblée Nationale bulgare. L'inscription dit : "L'union fait la force"

L'Assemblée Nationale bulgare. L'inscription dit : "L'union fait la force".

Le 5 janvier 2011, l’ex-député et intellectuel bulgare Edvin Sougarev publiait sur son site svobodata.net (« la liberté », en français) un long questionnement sur l’utilisation que ses compatriotes font des droits civiques dont ils jouissent en tant que citoyens d’un pays membre de l’Union Européenne. Ce questionnement est provoqué par un précédent : un citoyen d’origine libanaise, résident en Bulgarie de façon permanente, a fait appel au droit européen pour réclamer des dommages et intérêts au parquet. Il a obtenu gain de cause et le parquet, jusqu’ici intouchable, est condamné à lui verser 1000 leva (500€).

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{Moment délectable} Quand on cherche Maître Eolas

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Beh on le trouve 🙂 Donc, le cher Pascal Nègre, Président d’Universal Music, exècre Internet. C’est connu. Mais bon, quand on veut vendre son bouquin… La fin justifie les moyens, qu’y disaient. Voilà donc que Pascal Nègre s’inscrit sur plein de réseaux sociaux pour faire la promo de son livre. Et a décidé d’être téméraire. Je ne sais pas pour vous, mais j’ai bien aimé ce petit échange:

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