J’ai lu : “Les embrouillaminis”, ode à l’indécision heureuse

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Pierre Raufast, l’auteur du livre adulte dont vous êtes le héros, m’a offert un exemplaire de “Les embrouillaminis” dédicacé. Il ne le savait pas, mais c’était un cadeau d’anniversaire. Aurait-il fait une dédicace différente s’il avait su que c’était mon anniversaire ? Et si j’indiquais, comme dans le livre, “Rendez-vous chapitre 42, p. 340”

J’ai de la chance : Pierre est devenu un ami. Et quoi de plus touchant, de plus joy(e/a)ux que partager un jeu de pistes dans l’imagination d’un ami. Avec son autorisation, j’ai enregistré le chapitre d’introduction du livre pour vous transmettre un peu du plaisir que j’ai ressenti en jouant aux embrouillaminis 👇

Ce que j’ai aimé, c’est me retrouver dans l’indécision. Choisir, c’est renoncer… ici, provisoirement, car il est toujours possible de revenir en arrière, faire d’autre choix, recommencer, vivre toutes les histoires de vie. On me dit souvent qu’à chaque fois, il m’arrive plein de choses, même lorsqu’il s’agit de l’activité la plus anodine qui soit telle que prendre le métro. Je pense que ce n’est pas tant que plein de choses n’arrivent pas aux autres ; c’est que, pour citer Pierre, “seules les âmes fortes peuvent être ainsi comptables de leur vie”.

Je crois que ce roman interactif fait de chaque lecteur et lectrice une âme forte. Il y a le jeu de dérouler une pelote ; et aussi celui de remarquer des lettres en gras qui parsèment certaines pages,… Il y a aussi celui de rejouer des moments pivots et voir une autre histoire de vie se dérouler : il fait beau ou il pleut ? Manger de la confiture de fraises ou plutôt de figues ? Aller au Mexique ou rester en région parisienne ? Alors, on vit les 1000 vies de Lorenzo, avec ses malaises, ses halètements et ses bêtises d’amoureux transi.

La co-création des mondes

Vous l’avez entendu dans ma lecture du chapitre introductif : ce n’est pas une histoire, c’en sont plusieurs. Chaque chapitre se termine par un choix à faire lequel amène à un autre endroit du livre. Parfois, il y a une fin (heureuse). Parfois, on revient en arrière pour tout recommencer.

J’ai cherché mais pas trouvé un équivalent en français de ce que les anglo-saxons appellent world building. Il s’agit de créer un monde : celui de Game of Thrones ou celui de Star Trek ou encore celui de Harry Potter. Lorsqu’on écrit, surtout de la fiction, on crée un monde. Ce n’est pas du tout simple. Il y a les écrivains verbeux qui décrivent tout, absolument tout, jusqu’à l’indigestion de mots, le trop-plein de syllabes (oui, c’est de Proust que je parle). Il y a les écrivains qui proscrivent ce superflu, tels Breton avec “Nadja”, où l’amour fou est raconté “pris sur le vif”, à force d’anecdotes, impressions et “menus faits”.

Dans “Les embrouillaminis”, les mondes sont co-créés, par nous et Pierre. Il nous donne des anecdotes, des impressions, de menus faits. Nous choisissons comment les mettre ensemble pour en faire des histoires de vie : la passion destructrice déchaînée un soir à El Templo, le pigeon parfait qui se transforme en voleur en herbe,…

La structure narrative de ce qui permet cette co-création de monde est complexe ; on se prend à guetter le faux pas, à le vouloir, juste pour voir comment ça sera. Je ne mentionne volontairement que très peu de détails des histoires : la structure narrative fait que votre lecture sera différente de la mienne. En tout, il y a 1000 histoires possibles, toutes commençant par le chapitre 1 que je vous lis plus haut. Forcément, les personnages que vous aurez découverts risquent fortement d’être différents des miens.

Je vous en souhaite une bonne exploration : on rit, on est pris de malaise, parfois ça va trop vite, parfois pas assez,… Mais c’est toujours avec enchantement qu’on va au prochain rendez-vous p. … 🙂


J’essaie de faire des fiches de lecture de certains livres que je lis. La précédente est ici :

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