La question de la mémoire collective post-conflictuelle des Balkans

LA QUESTION DE LA MÉMOIRE COLLECTIVE POST-CONFLICTUELLE DES BALKANS
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Lors de mes études en Master 2 Défense, sécurité et gestion de crise à l’IRIS, j’ai choisi de me pencher sur cette question que j’avais déjà commencée à explorer ailleurs.

Le sujet est compliqué et complexe, voire pénible. Mais l’incompréhension des Occidentaux face à ces processus profonds et extrêmement significatifs en matière de structuration m’inquiète. La montée des extrêmes droites en Europe de l’Ouest me paraît gérable si les gens comprenaient comment la propagande à travers la mémoire collective (« l’histoire nationale ») fonctionne.

Pourquoi est-ce un sujet ?

La question de la mémoire collective est complexe : il n’y a pas de “bonne” manière de se souvenir. Ceci est surtout vrai lorsqu’il s’agit de restituer des détails d’un passé entaché de violence.

Même si nous savons que nos souvenirs sont temporaires, les utiliser à des fins de justice et de réconciliation suppose que l’inverse est fait : les souvenirs devraient rester tels qu’au temps t parce que les questionner et les remettre au goût du jour signifie les modifier et les rendre inutilisables comme matrice de construction future.

Faire justice sur le fondement de la mémoire est ainsi extrêmement difficile car d’apparence contre-intuitive. Contrairement à ce que l’on peut penser, la mémoire collective de divers conflits passés ne prépare pas à mieux appréhender et parler d’autres, plus récents. Nous n’avons pas identifié de terme aussi fortement chargé qu’“Holocauste” pour nommer le conflit au Kosovo, mais ce dernier revêt néanmoins les couleurs sinistres d’un “génocide” et d’une “épuration ethnique”.

Les qualificatifs et les chiffres, largement gonflés par les médias occidentaux de l’époque, apportent donc à la mémoire collective ce dont elle a besoin pour devenir un véritable modulateur social et historique : les adjectifs et noms définissant les évènements les déterminant au-delà des limites intelligibles pour les verser dans le domaine de l’émotionnel. Le langage, outil universalisant s’il en est, devient donc l’arme politique par excellence car il a le pouvoir de transférer les occurrences de la mémoire collective.

Le présent dossier comprend une ample discussion de la construction de la mémoire collective et de l’influence de la pratique discursive politique de l’“après Kosovo” sur les identités des pays des Balkans, aussi bien directement qu’indirectement impliqués dans le conflit.

Bonne lecture !

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