Quelles perspectives pour l’accord sur le nucléaire iranien ?

Petit exercice de prospective : l'accord sur le nucléaire iranien
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En juillet 2015, après douze ans de négociations entre différents pays et l’Iran, le JCPOA était signé. Le JCPOA, c’est l’accord sur le nucléaire iranien. Il permet un encadrement des activités nucléaires iraniennes. En contrepartie, une levée progressive du régime de sanctions visant l’Iran a débuté. En 2018, Trump, alors président américain, a annoncé le retrait des États-Unis du JCPOA. Cette action a contribué à ce que les tensions déjà existantes arrivent à un niveau tel que l’accord était remis en cause. Depuis, les négociations ont repris. J’ai récemment participé à un exercice de prospective sur les différentes options envisageables d’un nouvel accord et leurs implications.

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La bulle algorithmique cache la forêt des intérêts financiers

Le trouble jeu de Peter Thiel dans les élections américaines de 2016
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(D’abord publié sur Medium France.)

Dans toute la discussion sur le rôle de Facebook en tant que modulateur d’élections et que sais-je,on a quand même raté quelques détails. Petite mise au point sur les intérêts business en jeu.

Je ne veux pas répéter à l’envi ce qui est déjà amplement développé ailleurs. C’est clair que le rôle des boîtes noires appelés algos, déployées par Failbook et co., n’est pas clair, ce qui est grave. Mais ce n’est pas tout.

On a très peu (pas du tout ?) parlé de la chaîne de décision et de ses intérêts à elle. Business as usual est cependant ce qui ressort comme élément prépondérant dans la folle histoire pré-électorale de Trump. J’avais fait un exposé en 35 tweets, mais différents détails sont venus s’ajouter à cette histoire et nécessitent davantage de mots et un support différent. Je reprends ce qu’a très justement écrit affordanceinfo :

Pour bien saisir la complexité de ces régimes de vérité, y compris à l’échelle d’une plateforme unique, il faut prendre en considération le fait que co-existent plusieurs cercles décisionnels, tous en charge de définir, à différents niveaux, quel sera le régime de vérité de la plateforme et comment il s’appliquera.

Ainsi, le cercle de la “décision algorithmique” est l’un de ceux-là, abordé avec une approche assez mécanique, comme s’il s’agissait d’appuyer sur un simple, gros bouton rouge “Make America Great Again” et paf, Trump l’emportait. Cette vision réductionniste ignore cependant les structures de pouvoir et de décision : le Conseil d’administration de la plate-forme Facebook, les choix stratégiques en matière de développement business, etc. sont autant de leviers déterminants sinon davantage, que le fonctionnement de la boîte noire que sont les algos privateurs de FB.

Je vous raconte donc l’histoire de Peter Thiel, dont on s’est beaucoup gargarisé à parler : c’est le seul gros ponte de la Silicon Valley à soutenir Trump, il est gay, etc. Ces faits divers divertissent et nous font oublier le rapport “aux médias” et à la presse “d’opinion” qu’entretient M Thiel ainsi que ses intérêts financiers intimement liés aux diverses agences de renseignements américaines et française.

Bonne lecture !

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La législation sur les drones : petit précis pour décideur pressé

La législation sur les drones pour décideur pressé
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« En 2022, selon une étude du cabinet spécialisé en aéronautique Teal Group, le budget mondial de dépenses liées aux drones civils et militaires devrait doubler, atteignant près de 12 milliards d’euros ».

Ce chiffre, souligné par Paul Hessenbruch (« Armées d’aujourd’hui » n°393), reflète l’essor de l’industrie de drones dans le monde. La France n’en fait pas exception. Malgré ces développements industriels, le débat autour de l’utilisation des drones militaires continue.

La présente note introduit les différentes catégories de drones existant aujourd’hui et les législations en vigueur respectives. Elle s’attarde par la suite aux problématiques posées par les drones en lien avec les industries de souveraineté et fait ressortir les arguments principaux du débat autour de l’utilisation des drones.

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La question de la mémoire collective post-conflictuelle des Balkans

LA QUESTION DE LA MÉMOIRE COLLECTIVE POST-CONFLICTUELLE DES BALKANS
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Lors de mes études en Master 2 Défense, sécurité et gestion de crise à l’IRIS, j’ai choisi de me pencher sur cette question que j’avais déjà commencée à explorer ailleurs.

Le sujet est compliqué et complexe, voire pénible. Mais l’incompréhension des Occidentaux face à ces processus profonds et extrêmement significatifs en matière de structuration m’inquiète. La montée des extrêmes droites en Europe de l’Ouest me paraît gérable si les gens comprenaient comment la propagande à travers la mémoire collective (« l’histoire nationale ») fonctionne.

Pourquoi est-ce un sujet ?

La question de la mémoire collective est complexe : il n’y a pas de “bonne” manière de se souvenir. Ceci est surtout vrai lorsqu’il s’agit de restituer des détails d’un passé entaché de violence.

Même si nous savons que nos souvenirs sont temporaires, les utiliser à des fins de justice et de réconciliation suppose que l’inverse est fait : les souvenirs devraient rester tels qu’au temps t parce que les questionner et les remettre au goût du jour signifie les modifier et les rendre inutilisables comme matrice de construction future.

Faire justice sur le fondement de la mémoire est ainsi extrêmement difficile car d’apparence contre-intuitive. Contrairement à ce que l’on peut penser, la mémoire collective de divers conflits passés ne prépare pas à mieux appréhender et parler d’autres, plus récents. Nous n’avons pas identifié de terme aussi fortement chargé qu’“Holocauste” pour nommer le conflit au Kosovo, mais ce dernier revêt néanmoins les couleurs sinistres d’un “génocide” et d’une “épuration ethnique”.

Les qualificatifs et les chiffres, largement gonflés par les médias occidentaux de l’époque, apportent donc à la mémoire collective ce dont elle a besoin pour devenir un véritable modulateur social et historique : les adjectifs et noms définissant les évènements les déterminant au-delà des limites intelligibles pour les verser dans le domaine de l’émotionnel. Le langage, outil universalisant s’il en est, devient donc l’arme politique par excellence car il a le pouvoir de transférer les occurrences de la mémoire collective.

Le présent dossier comprend une ample discussion de la construction de la mémoire collective et de l’influence de la pratique discursive politique de l’“après Kosovo” sur les identités des pays des Balkans, aussi bien directement qu’indirectement impliqués dans le conflit.

Bonne lecture !

[slideshare id=75547917&doc=240210542-la-question-de-memoire-collective-post-conflictuelle-une-comparaison-des-discours-politiqu-170430182543&type=d]

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Non à l’austérité budgétaire dans la recherche

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[Read in English]

Depuis hier (22 novembre), l’Union Européenne tient une réunion très importante : les chefs d’États de l’UE se prononcent sur les budgets des États membres. Naturellement, le budget de l’UE pour la recherche est discuté lors de cette réunion et son montant pour les sept prochaines années est déterminé (le programme porte le nom de HORIZON 2020, c’est la suite du FP7). Des chercheurs se sont mobilisés pour faire entendre leurs voix au moment où la Commission Européenne propose le montant minimal de 80 milliards d’euros pour le budget de HORIZON 2020, ainsi abaissant les 100 milliards d’euros initialement proposés par le Parlement Européen. Comme l’initiative No Cuts to Research (« Non aux restrictions budgétaires dans la recherche ») souligne : « pour l’European Research Council (ERC), cela signifie une augmentation annuelle d’environ 6%, ce qui est juste suffisant pour permettre à l’ERC de consolider ses activités de financement et sa mission se soutien du leadership européen en recherche. Ce montant ne sera cependant pas suffisant pour lancer de nouvelles activités. ». Les craintes persistent toutefois que mêmes ces 80 milliards d’euros seront réduits en beaucoup moins.

Le Monde avait publié la lettre des lauréats du Prix Nobel et médaille Fields sous le titre « Ne sacrifiez pas une génération entière de scientifiques de haut niveau ». Vous pouvez signer la pétition ici.

La lettre des lauréats du Prix Nobel et médaille Fields a été aussi traduites en 22 autres langues. Pour des mises à jour régulières, vous pouvez lire les nouvelles de No Cuts on Research.

La vidéo d’un chien de militaire attaquant des manifestants provoque un tollé en Égypte

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[Article initialement publié sur France24.]

Un militaire n’a pas hésité à charger des manifestants avec son chien sans muselière, faisant au moins un blessé, dans une ville portuaire du nord de l’Égypte. Filmée par un amateur, la vidéo de l’attaque a fait le tour de la Toile, soulevant une vague d’indignation dans le pays.

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Droits civiques, écoutes,… Une journée normale en Absurdistan

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Le 5 janvier 2011, l’ex-député et intellectuel bulgare Edvin Sougarev publiait sur son site svobodata.net (« la liberté », en français) un long questionnement sur l’utilisation que ses compatriotes font des droits civiques dont ils jouissent en tant que citoyens d’un pays membre de l’Union Européenne. Ce questionnement est provoqué par un précédent : un citoyen d’origine libanaise, résident en Bulgarie de façon permanente, a fait appel au droit européen pour réclamer des dommages et intérêts au parquet. Il a obtenu gain de cause et le parquet, jusqu’ici intouchable, est condamné à lui verser 1000 leva (500€).

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Humeur : la ministre française de l’éducation s’exprime sur le classement de Shanghai

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BooksCet article est également disponible en Anglais.

Le quotidien français Libération organise régulièrement des tchats où des questions sont posées à des personnalités politiques différentes. Le 15 septembre, l’invité était Mme Valérie Pécresse, la ministre de l’Éducation et de la Recherche. Elle a répondu à plusieurs questions intéressantes et, parmi elles, une sur le classement de Shanghai publié il n’y a pas longtemps. Je préfère rire que pleurer de désespoir quand je lis ça …

Bookmark: Souriez, vous êtes scannés !

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Après la vidéosurveillance jusque dans les toilettes des écoles, voici la toute dernière hallucination sécuritaire : l’empreinte squelettique. En effet, le Wright State Research Institute serait en train de développer un procédé de scan de personnes dans les aéroports, parcs publics ou autres endroits susceptibles d’être « cibles d’attaques terroristes, abus d’enfants ou autres crimes » dans le but de définir leurs empreintes squelettiques. Selon les personnes en charge de ce nouveau mode de surveillance, chaque personne, de par la composition, la forme et autres caractéristiques de son squelette, est unique, ce qui justifie la future efficacité du scan pour dénicher les terroristes. Bon voyage !

Pour plus d’informations, consulter l’article Wright State researchers developing skeletal scans to recognize terrorists.

Brevia : De la liberté d’expression en démocratie

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Un pays aussi exceptionnellement démocratique que la France n’acceptera jamais des atteintes à la libertés d’expression. Tous les penseurs ayant éclairé les siècles précédents et le nôtre, le gouvernement qui prend aussi bien soin de ses citoyens,… Bien sûr.

Voilà que dans le pays dit « des droits de l’Homme », il se passe ceci : 5 internautes condamnés à 1000€ d’amende vec sursis pour outrage envers le préfet des Pyrénées-Atlantiques. Pourquoi ? Pour avoir qualifié l’expulsion d’une famille albanaise en 2008 de « méthode digne du régime de Vichy ». Alors, la prochaine fois que vous vous indignez, chers concitoyens, n’oubliez pas d’y mettre les formes…

Dans l’obscurité de la démocratie français lumineuse, je ne résiste pas de vous faire profiter de 2 heures de lucidité en compagnie de Noam Chomsky.